Peter Jishy, 27 ans, est journaliste au service international
du quotidien Al- Jomhouria. Il décrit les relations entre les rédactions web et
papier dans son entreprise.
Peter Jishy : J’ai d’abord travaillé pour le site de la chaine locale
MTV pendant quatre ans, mais je n’étais pas à l’aise car il y avait trop de
pression et une sorte de dévalorisation envers notre travail. Au quotidien Al-
Joumhouria je me sens plus partie prenante de l’actualité. J’utilise le web et
je le considère indispensable pour la bonne collecte des informations. Mais malgré
l’importance des réseaux sociaux et de l’information en ligne, je préfère l’activité
du journal : la newsroom est tout le temps en pleine action, nous
travaillons en attendant la délivrance du « bébé », la sortie du
journal.
Peter Jishy: Si la seule motivation est le profit financier, alors
oui le journal est certainement en danger. Aujourd’hui les gens vivent dans un
rythme accéléré, veulent rester informés de manière continue sans attendre le
lendemain pour lire le journal. A Al-
Joumhouria, le site est en train de devenir un complément du journal car nous
croyons que sans lui, le quotidien ne pourra pas remplir les missions actuelles
du journalisme.
Peter
Jishy : Sur le web, le
journaliste doit rester en alerte tout le temps pour collecter les informations
et nouvelles récentes. Par exemple lors du coup d’Etat en Turquie en juillet
dernier, les rédacteurs du web sont
restés au bureau jusqu’à 5h du matin, alors que nous sur le papier, nous avons
une « deadline » pour la sortie du journal. En termes de rédaction,
celle du journal est mieux structurée car chaque texte passe par le rédacteur
en chef et les correcteurs. Alors que le texte diffusé sur le site peut contenir
quelques fautes car le journaliste se corrige lui-même.
Peter
Jishy : Nous ne considérons déjà
comme faisant partie de la même rédaction. Mais un regroupement physique des
bureaux permettra un travail plus cohérent et une meilleure utilisation de nos
moyens.
Par exemple, pendant la visite de Marine Le Pen, le site
nous a aidés car les rédacteurs ont suivi l’évènement toute la journée, et ont
publié des brèves dès que quelque chose se
passait. Cela nous a vraiment facilité la
tâche le soir pour écrire nos articles pour le journal, car nous avions
confiance en leurs informations.