Hadi Fouladgar
Joseph
Semaan est le rédacteur en chef du site Elnashra.com. Il commente les
changements intervenus dans le secteur du journalisme depuis l’apparition du
web.
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Qu’est-ce que le
web a modifié dans le paysage journalistique ?
La
presse numérique possède plusieurs caractéristiques spécifiques par rapport à
la presse traditionnelle. Avec le web le
journaliste peut ajouter des images, des hyperliens, des vidéos, ce qui
n’était pas possible avant. Il n’a pas besoin d’écrire beaucoup, il peut s’appuyer
sur des vidéos et des images qui expliquent et informent plus directement. En cela,
le mélange du texte et de l’image construit un message
multi-format et permet de garder le visiteur plus longtemps.
De plus,
les nouvelles technologies ont agrandi le monde. Le travail de documentation est
devenu plus facile pour le journaliste. Et pour les responsables des entreprises,
il revient moins cher de fonder un site numérique qu’un
journal écrit.
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Concrètement qu’est-ce que le numérique change dans l’exercice du métier ?
Le travail de documentation est devenu plus
confortable. Par exemple, lors de la guerre israélienne en 1996, il n’avait pas
d’internet. j’étais obligé de feuilleter plus de 50 pages pour trouver des
informations dans les journaux. Si on compare avec la télévision, le
journaliste web n’est pas obligé d’aller chez une personne pour réaliser une
entrevue avec lui. Un entretien téléphonique est suffisant.
Autre changement : l’audience pour le numérique
est plus grande que celle des médias traditionnels, car la plupart des gens
aujourd’hui sont rivés à internet.
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Quelles sont les difficultés particulières que rencontre un site web ?
Du point de vue juridique, le journaliste numérique
est plus libre, profite de l'absence de lois régissant son travail, car au
Liban jusqu’aujourd’hui il n’y a pas un cadre législatif pour ce secteur.
Mais l’absence de cadre juridique a aussi des inconvénients.
Les journalistes du secteur sont écartés des syndicats de la presse et des
rédacteurs. Il n’y a personne pour les défendre. Nous sommes considérés comme
des journalistes de seconde zone. L’un des problèmes auxquels sont confrontés les
journalistes du numérique aussi ce sont les bas salaires. Plus de 50 heures du
travail par semaine pour 800 $, c’est mal payé.
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