jeudi 23 février 2017

« Sans le site, le quotidien ne pourra pas continuer à remplir ses missions »



Peter Jishy, 27 ans, est journaliste au service international du quotidien Al- Jomhouria. Il décrit les relations entre les rédactions web et papier dans son entreprise.

  Pourquoi un jeune comme vous a choisi de travailler pour le papier et pas pour le site du journal ?

Peter Jishy : J’ai d’abord travaillé pour le site de la chaine locale MTV pendant quatre ans, mais je n’étais pas à l’aise car il y avait trop de pression et une sorte de dévalorisation envers notre travail. Au quotidien Al- Joumhouria je me sens plus partie prenante de l’actualité. J’utilise le web et je le considère indispensable pour la bonne collecte des informations. Mais malgré l’importance des réseaux sociaux et de l’information en ligne, je préfère l’activité du journal : la newsroom est tout le temps en pleine action, nous travaillons en attendant la délivrance du « bébé », la sortie du journal.

   Le papier est-il condamné à mort à cause du web à votre avis?

Peter Jishy: Si la seule motivation est le profit financier, alors oui le journal est certainement en danger. Aujourd’hui les gens vivent dans un rythme accéléré, veulent rester informés de manière continue sans attendre le lendemain pour lire le journal.  A Al- Joumhouria, le site est en train de devenir un complément du journal car nous croyons que sans lui, le quotidien ne pourra pas remplir les missions actuelles du journalisme.

Quelles différences constatez- vous entre le travail pour le site et pour le papier ?

Peter Jishy : Sur le web, le journaliste doit rester en alerte tout le temps pour collecter les informations et nouvelles récentes. Par exemple lors du coup d’Etat en Turquie en juillet dernier, les rédacteurs du web  sont restés au bureau jusqu’à 5h du matin, alors que nous sur le papier, nous avons une « deadline » pour la sortie du journal. En termes de rédaction, celle du journal est mieux structurée car chaque texte passe par le rédacteur en chef et les correcteurs. Alors que le texte diffusé sur le site peut contenir quelques fautes car le journaliste se corrige lui-même.

    La fusion des rédactions est-elle une bonne chose ?

Peter Jishy : Nous ne considérons déjà comme faisant partie de la même rédaction. Mais un regroupement physique des bureaux permettra un travail plus cohérent et une meilleure utilisation de nos moyens.
Par exemple, pendant la visite de Marine Le Pen, le site nous a aidés car les rédacteurs ont suivi l’évènement toute la journée, et ont publié des brèves dès que  quelque chose se passait.  Cela nous a vraiment facilité la tâche le soir pour écrire nos articles pour le journal, car nous avions confiance en leurs informations.

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