jeudi 2 mars 2017

Des journalistes fragilisés


Malgré le fait que le Liban est considéré un pays qui garantit les libertés, toutefois le métier de journaliste reste fragilisé sur le plan juridique.


Un problème majeur au Liban est celui de la multitude des syndicats incapables de trouver des solutions favorables aux journalistes. Il existe trois syndicats au Liban : le syndicat de la presse qui regroupe tous les licenciés de journalisme, celui des rédacteurs qui regroupe les propriétaires des entreprises médiatiques et celui des journalistes et techniciens de l’audiovisuel.

Cependant, ces syndicats ne défendent pas tout à fait les droits de journalisme car leur statut interne date depuis 40 ans et ainsi un obstacle structurel y est inséré. Le président du syndicat de la presse était propriétaire de plusieurs journaux, ce qui est illégal. De plus, les syndicats de presse regroupent un nombre limite de journalistes ce qui appauvrit la protection financière surtout après l’âge de retraite.


Une protection juridique...

L’article 13 de la constitution libanaise postule que : «La liberté d’exprimer sa pensée par la parole ou par la plume, la liberté de la presse, la liberté des réunions, et la liberté d’association sont garanties dans les limites fixées par la loi. » Selon les articles 2,3 et 12 du decret loi 104 du 14 septembre 1962: Il est interdit de publier des informations mensongères ou erronées, de porter atteinte a la paix civile, de publier les faits des enquêtes criminelles et délictuelles avant de les annoncer lors de l’audience publique… Les sanctions varient entre 6 et 18 mois de prison avec une amende de 10 à 30 millions de livres libanaises. La détention préventive est interdite dans toutes les infractions concernant les publications.

Il n’y a pas de censure sur la presse libanaise, mais elle est toujours présente sur la presse étrangère, le cinéma et les publicités. Ainsi, la sûreté générale a le rôle d’approuver l’entrée des magazines étrangers aussi bien que les œuvres non périodiques, livres, pièces de théâtre et films avant qu’ils ne soient distribués sur le marché. De même, le département de la Sécurité Publique au Ministère de l’Intérieur est capable de censurer toutes les productions cinématographiques, surtout celles qui se rapportent directement ou indirectement à l’Etat d’Israël sans différencier entre les thèmes Juifs et les films sur Israël.


... mais des mises en cause de journalistes

Après la guerre civile au Liban, plusieurs journalistes libanais ont été arrêtés parmi lesquels, Pierre Atallah qui a été le sujet des graves développements de la liberté de la presse en 1996.
Accusé d’avoir distribué des publications qui portent atteinte à la paix entre les différents secteurs de la patrie, avoir atteint à l’honneur de la réputation de l’armée libanaise, il  a été arrêté sans justification à sa maison à Beyrouth en 1996. Devant le tribunal les questions étaient concentrées sur une série d'articles que Atallah avait écrit pour Al-Nahar.



Hala Riachy, avec Zeina Y. Karam

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