En l’espace de quelques années, les sites d’information sur
internet ont proliféré au Liban. Mais la qualité et le respect de l’éthique journalistique ne sont pas toujours au rendez-vous.
"Au Liban, le journalisme est un
métier ingrat, il a besoin de réorganisation". Le constat du rédacteur en
chef du site Elnashra.com, Joseph Semaan, est sévère. Le journaliste
cinquantenaire explique que "la presse numérique est apparue au Liban il y a 10
ans. Notre site était le premier, avant la naissance de dizaines d’autres
plateformes dans le sillage de la crise
syrienne en 2011”.
Concurrents des médias traditionnels
Comme partout dans le monde, la
société libanaise vit une évolution rapide, dans le domaine du numérique. Internet joue un rôle
important dans la communication entre communautés. Aujourd'hui, les
réseaux sociaux et les sites numériques se posent en vrai concurrent des médias
traditionnels de l'audiovisuel et de la presse écrite.
Les sites web se sont largement répandus dans la société, car ils permettent au public d’avoir un
accès rapide, facile et gratuit à l’information. Ils posent cependant un
grand nombre de problèmes relatifs à l'éthique journalistique, au respect des règles du métier, notamment en ce qui concerne l’identification des sources et
l’honnêteté dans le processus de la diffusion des nouvelles. La crédibilité, la confiance qu’ils inspirent
aux internautes en sont affectées, surtout en l'absence de lois
régissant spécifiquement le fonctionnement de ce secteur.
Des tentatives mais toujours pas de réglementation
Joseph Semaan est conscient de
toutes ces déficiences. "Le bon journaliste est celui qui propose une information éloignée des mensonges et de la propagande, sans accorder la priorité à la rapidité. C'est sa culture, ses connaissances qui lui permettent de développer ses
compétences". Le rédacteur en chef d’Elnashra regrette
que "les sites web aient oublié l’éthique
journalistique".
Dans une tentative de moraliser le
secteur, les responsables de sites se sont rencontrés plusieurs fois pour établir
une charte professionnelle. Une tentative avortée pour cause de
divergences personnelles. De son côté, le ministère de l’Information a essayé de
réglementer le secteur des médias numériques, à travers une proposition de loi visant
à protéger les journalistes. Le Parlement s’est également penché sur le cadre
juridique du numérique. Mais rien n’a abouti.
Journalistes mal payés
"En l'absence d'une loi règlementant
l'activité des médias numériques, les journalistes du secteur sont écartés des
syndicats de la presse et des rédacteurs", affirme Stéphanie Rady,
rédactrice à Elnashra. L’un des problèmes auxquels son
confrontés les journalistes du numérique est les bas salaires.
En 2012, le nombre de sites enregistrés
auprès du ministère de l'Economie était de 1233. Un chiffre aujourd’hui largement dépassé, car beaucoup ne sont pas inscrits. Mais la quantité ne saurait masquer les défauts de qualité.
audience des sites web
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Si Yasour est classé premier en terme d'audience (axe des abcisses) d'après Alexa, c'est Elnashra qui totalise le plus grand nombre de pages vues par internaute (axe des ordonnées)
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